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09/04/2006

Laboratoire parloir

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En philo I ou II, nous avions environ 20 ans. Les plus précoces avaient une blonde qu’ils réussissaient à voir au parloir grâce à la complicité d’un externe ou d’Yvon Bernier, le concierge (ce dernier était conciliant, il ne faisait pas d’enquête sur les visiteurs et il déjà demandé Victor Hugo au parloir sans consulter son frère Fernand, professeur de Belles-Lettres). Timide avec les filles, je n’avais pas de blonde. J’avais cependant d’autres distractions d’ordre intellectuel.

J’avais été très impressionné par les sessions de dissection dirigées par l’abbé Denis Morin. Voulant aller au-delà des dissections de lombrics et de grenouilles, je lui avais offert d’apporter au collège quelques chatons dont ma mère désirait disposer. Pour la science, j’ai nourri ces chatons dans un coin du sous-sol du collège avec l’aide de monsieur Jules Toulouse. Je me suis retrouvé avec un chaton en surnombre à la fin de l’année scolaire.

En prenant l’air du printemps, j’ai croisé trois collègues (de futurs médecins) qui sortaient du parloir en compagnie de leurs ‘cousines infirmières’. Ils cherchaient un endroit tranquille. Je leur ai proposé de monter au laboratoire dont j’avais la clé. Pour passer le temps et pour se préparer à leur future profession, je leur ai proposé de disséquer ensemble mon dernier chaton. Tout s’est bien passé. Les infirmières contrôlaient le chloroforme et épongeaient le sang. Je maniais le scalpel. Nous avons sorti le cœur à l’extérieur du corps pour observer qu’il continuait à battre durant de longues minutes. Quelle merveille!

À ma grande surprise, mes candidats à la médecine ne semblaient pas apprécier le spectacle. Ils se tenaient aux fenêtres pour respirer de l’air frais et éviter de vomir. Pour les infirmières ce fut une opération de routine rendue agréable par la compagnie de jeunes hommes pleins d’émotions.

Merci à Jean-Noël Laflamme pour cette anecdote

19:45 Publié dans anecdotes | Lien permanent | Commentaires (0)

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