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01/05/2006

Les vieux skis

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Notre collège a souvent été témoin de gestes d’entraide entre ceux qui venaient de familles riches et les autres. J’étais parmi les plus pauvres, mais j’avais réussi à faire des quelques économies grâce à la Caisse Populaire gérée par Michel Poulin avec l’aide de Patrick Donavan. Cela m’a permis un jour d’acheter un équipement complet de ski alpin, qu’un élève plus riche, François Béchard de Québec, offrait à un prix dérisoire parce qu’il s’était équipé en neuf.

Avec la permission de monsieur Toulouse, je me suis installé dans l’atelier et j’ai refait la surface de mes skis avec une couche de plastique. Après un polissage adéquat, je me suis retrouvé avec des skis très rapides. Les occasions étaient rares d’aller skier sur une colline à Saint-Georges ouest où un agriculteur avait installé un tracteur pour en faire un remonte-pente artisanal. Un endroit plus accessible se trouvait tout près du collège sur le versant sud de la rivière La Famine. Nous pouvions faire des sauts sur des monticules de neige montés à la main ( l’atterrissage n’était pas toujours facile car on a un jour perdu Patric Beaudoin dans la neige ) ou faire des excursions le long de la rivière, accompagnés par un prêtre plus ou moins équipé pour se protéger du vent ( l’abbé J-M Derouin est revenu au collège avec une joue complètement gelée ). Le printemps, lorsque la patinoire était hors d’usage, il était possible de faire du ski de printemps alors que les autres se promenaient dans la boue de la cour du collège.

Mes skis recyclés faisaient des envieux car certains bons skieurs n’avaient pas de skis au collège. Un jour j’ai fait plaisir à Georges Chamberland en lui prêtant les miens pour participer à une compétition ( Il avait probablement perdu les siens dans l’incendie de la résidence familiale dans Charlevoix, un pays de neige ). Il s’est révélé un expert et il n’a eu aucune difficulté à finir en tête même avec mes skis recyclés. En me remerciant il m’a dit qu’il n’avait jamais skié avec une surface aussi rapide. Ces skis d’occasion ont fait d’autres heureux. Ils ont entre autres donné à un de mes jeunes frères la passion du ski, une passion qui le garde encore jeune.

Note : Georges Chamberland a vécu une succession de malheurs; perte de sa mère et de ses frères et sœurs dans un incendie, perte de son père dans un accident de la route. Il est lui-même décédé d’un accident

Merci à Jean-Noël Laflamme pour cette anecdote.

10:40 Publié dans anecdotes | Lien permanent | Commentaires (0)

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