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09/05/2006

L'abbé Marc Bouchard

Mes pérégrinations depuis 1954
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Lorsque mon Évêque m’a envoyé en « mission » au Séminaire de Saint-Georges, j’ai eu l’impression de m’en aller travailler bien loin, d’autant plus que j’avais toujours vécu jusqu’à lors dans la région de Québec. Il faut savoir aussi que c’était à cette époque où les jeunes prêtres ne pouvaient pas avoir de voiture. Je me suis donc souvent rendu à Québec «sur le pouce».

Je tiens à dire que ces douze années vécues au Séminaire, à Saint-Georges et en Beauce n’ont laissé chez moi que de beaux souvenirs. N’ayant fait auparavant aucune étude en pédagogie, j’ai dû apprendre le métier sur le tas avec tout ce que cela pouvait dire. On m’a d’abord nommé maître de salle chez les pensionnaires puis chez les externes. Et il m’a fallu préparer des cours de sciences religieuses, d’histoire du Canada, d’histoire de l’Antiquité, de mathématiques, de français, de latin, de grec et même d’anglais. Tant qu’on n’avait pas fait d’études spécialisées, on était bon en tout.

Mais en septembre 1965, je me suis retrouvé « directeur des élèves », aujourd’hui on dirait « directeur des services pédagogiques », cela paraît beaucoup mieux. Au bout de cinq ans à ce poste, on a enfin pensé que je pourrais aller aux études : le Supérieur m’a alors parlé de philosophie, mais je suis plutôt allé en catéchèse à l’Université Laval.

Mais voilà qu’on me demande d’être en même temps responsable d’un centre étudiant au Séminaire Saint-Augustin de Cap-Rouge. Des études universitaires avec un travail quand même exigeant ! Ce furent trois belles années. Durant la troisième année, j’étais aussi responsable de la formation permanente des prêtres du Diocèse.

Et d’autres études en 69-70, et au loin, de telle sorte qu’on ne pouvait me demander d’avoir toutes sortes en parallèle. Donc je me retrouve à Paris pour une année d’étude en psychologie pastorale dans un institut destiné aux responsables de formation dans les séminaires et les maisons religieuses. Une magnifique année avec des confrères venant de divers pays et continents, des professeurs remarquables ! Et il y avait la vie dans cette ville extraordinaire qu’est Paris et toutes ces occasions de parcourir l’Europe.

À la fin de mon séjour à Paris, une lettre de mon Évêque me dit que je ne retourne pas au Séminaire de Saint-Georges, mais que je deviens plutôt membre de l’Équipe de formation du Grand Séminaire de Québec. C’est dans cette maison de la Cité universitaire que je m’installe et je resterai rattaché à la Communauté du Grand Séminaire durant 27 ans. J’en serai même le supérieur durant 12 années, soit de 1977 à 1989. Cette responsabilité me vaudra d’être membre du Comité des nominations du diocèse (14 ans), du Conseil d’administration du Séminaire de Québec (20 ans), du Conseil d’administration du Grand Séminaire (20 ans), du Conseil de l’Oeuvre du Grand Séminaire (12 ans). Et on me demandera, en plus, divers autres services : encore les études du clergé, puis la coordination de la pastorale du Diocèse, la direction de la revue diocésaine.

Au bout de tout cela, mon Évêque m’offre une « année sabbatique ». L’été 1989 est occupé par un long voyage avec deux de mes frères et leurs épouses : nous faisons le tour des Etats-Unis en allant d’un terrain de camping à l’autre. Et en septembre, je repars pour Paris. Du début de novembre au milieu de décembre, je fais un séjour en Algérie dont quatre semaines de retraite à Béni-Abbès dans le désert du Sahara, plus précisément dans l’ermitage construit par Charles de Foucauld. Dès les premiers jours de janvier, je me rends à Jérusalem où je séjourne jusqu’à la toute fin de juin. Je redeviens alors étudiant une autre fois en m’inscrivant au Centre de formation biblique des Soeurs de Sion, une école située au cœur de la vieille ville de Jérusalem. D’excellents cours, des visites guidées par des professionnels en Bible, en histoire, en archéologie, tout cela me fait vivre six mois tout particuliers.

De retour à Québec, on me demande de prendre en charge la revue diocésaine Pastorale-Québec, pas seulement la direction mais aussi la rédaction. Me voilà dans le monde des médias car je deviens aussi responsable de la production d’une émission hebdomadaire de télévision intitulée Sur la Place. Et cela m’amène à devenir membre d’organismes de communications aux niveaux provincial, national et même international. Ce dernier organisme l’UCIP (Union catholique internationale de la presse) tenant ces réunions dans divers pays me donne l’occasion de faire plusieurs voyages fort intéressants et agréables. Et cela dure encore.

Il faut ajouter que j’ai fait du ministère dominical en paroisse presque tout le temps, que j’ai été aumônier de communautés religieuses, que j’ai présidé des célébrations de confirmation pendant une dizaine d’années et que j’ai accepté bien d’autres engagements. Je n’ai jamais oublié les 12 années que j’ai passées au Séminaire de Saint-Georges. Ce séjour en Beauce et ces années comme éducateur et professeur m’ont marqué : ce que j’ai vécu là a fait que je n’ai jamais quitté le monde de l’éducation et j’ai encore des contacts avec des groupes de jeunes adultes. Je suis âgé de 75 ans et je célébrerai le 12 juin 52 années de vie sacerdotale. Comme je suis encore en bonne forme physique et que je n’ai vraiment pas envie de m’arrêter, je poursuis mes pérégrinations…

Marc Bouchard, prêtre

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