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16/05/2006

Jean-Louis Rodrigue

Parcours de vie
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Pierre-Albert (c’est comme ça qu’on l’appelait dans le temps) insiste pour que je vous raconte ma vie. Ça m’étonne et me réjouit à la fois. Alors voici un petit aperçu de mon parcours.


À votre année de Rhéto, j’en étais à ma première de sept au Séminaire à accomplir ce qu’on appelait dans le temps « les basses besognes » : surveillances continuelles, animation de la vie des pensionnaires, organisation des sports, direction de la chorale et un peu d’enseignement; le tout sous le titre de « maître de salle » et comme seule compétence ce qu’on appelait « la grâce d’état »… Après sept ans, on m’a montré la porte. On avait des belles formules pour ce faire, dans le genre « L’évêque a besoin de vous ailleurs »… J’en fus frustré et déçu car je commençais à me voir faire toute ma carrière dans cette belle institution.


Les consolations sont rapidement venues : après une année fructueuse en pastorale scolaire à Sainte-Foy, je me suis tapé deux années d’études en pédagogie catéchétique à Laval et à Paris.


Au retour, j’ai travaillé pendant sept ans à Montréal avec une équipe chargée par les évêques du Québec de créer des programmes et du matériel pédagogique en catéchèse. C’était à l’époque une discipline en grande vogue et je n’hésite pas à reconnaître que ces années furent les plus dynamiques de ma carrière.


Au cours des années 1970, vous avez sûrement été témoins de la vague de « défroquage » qui a déferlé sur le Québec. Malgré mes 40 ans bien sonnés, quand une jeune et belle femme, beauceronne de surcroît, m’a parlé d’amour, je n’ai pas su résister à ce « tsunami »! Était-ce le démon du midi? Si oui, j’ai bien apprécié et j’apprécie encore ses assauts et tentations. Cela a donné jusqu’à date 33 ans de belle vie de couple, trois beaux enfants dont deux maintenant adultes (une petite fille décédée) et des grands-parents heureux.


Après sept ans de création en pédagogie, on commence à se répéter et à radoter… Il devenait impérieux que je revienne sur le « terrain des vaches ». Un poste m’a été offert à Sherbrooke où j’ai pris feu et lieu. J’y ai enseigné au secondaire pendant 21 ans. À ma retraite, j’ai signé une durée de carrière de 38 ans : pas pire n’est-ce-pas?
Quels ne furent mon plaisir et ma fierté de me voir alors proposer par une maison d’édition de Montréal de créer du matériel didactique pour tout le réseau scolaire au secondaire. J’avais l’impression de retrouver une seconde jeunesse et mes meilleures années de production. Cela a cessé quand on a pratiquement enlevé la religion du curriculum scolaire (ce n’était plus très fort pour les ventes!).


Et voilà.
Je ne pense pas d’être vieux, mais c’est comme cela. Selon les critères à la mode, j’ai trouvé une façon de me décrire : je suis devenu un citoyen inutile!


Merci de votre attention, soyez heureux, bonnes retrouvailles, bon conventum!

Jean-Louis Rodrigue
Sherbrooke, le 15 mai 2006

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